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Chronique de "The Phantom Agony"

Adyta
Quelques nappes de synthé, des choeurs d'hommes, puis de femmes, c'est ainsi que débute The Phantom Agony. Sur cette piste, l'accent est mit sur les voix. Le synthé n'est la que pour renforcer la montée en intensité de la chanson.
On peut donc noter le crescendo qui caractérise cette intro. Les ténors, au premier plan au début, laissent la place aux sopranes et ne font plus que la seconde voix. Petit à petit, l'intensité de la chanson augmente. Les ténors sont alors mixés au même plan que les voix féminines. Le chant se termine sur le son d'une cymbale, puis laisse place au piano, qui s'égraine avec entrain... Le calme avant la tempête...

Sensorium
C'est là que le métal entre en scène! Le motif de piano est le même que sur Adyta, mais guitares, basse et batterie sont de la partie. La rythmique est agressive, percutante, fait penser à une charge de bête sauvage, mais reste en mid-tempo. Comme toute la chanson, la tonalité du riff est en mi. Justement un accord de mi s'attarde sur plusieurs mesures, le piano et la base se taisent, une cloche sonne... C'est le début du second riff. Plus lent que son prédécesseur, il est basé sur une succession saccadée d'accords: mi-mineur, la-mineur, comme dans la majeure partie des chansons de cet album. Pendant ce temps, les violons se font entendre, ils donnent une impression de va-et-vient, et cassent la monotonie apparente du riff de guitare. C'est sur ce riff que débute le chant. Puis, les guitares changent, le riff cède la place à une série d'accords tendus... Place au refrain!
Sans crier gare, Jeroen accélère le rythme, et s'acharne sur sa double pédale. Bien que les guitares restes inchangées, l'effet en est complètement bouleversé.
Place au grunts! "I'm not afraid...", moi non plus je n'ai pas peur, le riff de guitare est très simple, à partir du moment ou l'on maîtrise la technique aller-retour. Ici, on fera seulement 3 allers-retours, un aller simple, puis à nouveau 3 allers-retours et deux allers simples. Pendant ce temps, Jeroen continue de titiller sa double pédale. Simone prend ensuite la relève: le riff change: 3 aller-retours, un accord tendu...
Premier break instrumental de l'album. Sont présents, des violons, des contrebasses, des choeurs, et une discrète guitare électrique qui appuis la rythmique du break.
Le refrain reprend, change de tonalité. Attention toutefois, il faut noter un temps mort pour tous les instruments dans la dernière ligne droite.
Et pour finir comme Mark dans We will take you with us, on termine les hostilités par une montée descente en slide qui sera du plus bel effet.

Cry for the moon
La chanson commence par une ambiance très planante, avec un je-ne-sais-quoi de militaire, sans doute à cause des roulements de batterie. Simone entonne son chant doucement, couvrant à peine Jeroen. Puis la batterie change, les choeurs entrent en scène: "forever and ever"... Simone reprend ensuite ses droits, cédant un peu de place aux instruments classiques. Le violon s'impose soudain avant d'être rejoint par un riff, que Wagner et ses Walkyries ne renieraient pas, tout en allers-retours, ou presque. Le batteur passe en double blast beat. Mark nous assène ses grunts implacables sur un riff très agressif, mais plus lent. A noter, la présence d'un synthé qui apporte une touche "orientale" à cette partie.
Une nouvelle fois, les choeurs reprennent le(s) micro(s), avant que Mark ne remette le couvert, sur le même riff que précédemment. Simone reprend le couplet, suivit par les choeurs On retrouve le break de violon et guitares, façons cavalcade... On s'attend à retrouver Mark, mais c'est Simone qui achève cette très belle pièce!

Feint
La ballade de l'album commence par une envolée de synthé mêlée à un violoncelle. Simone fait le gros du travail sur cette partie. Un peu plus tard, la batterie rentre en scène, ainsi que la basse... Petit à petit, les violons prennent de l'intensité, et les guitares entre en scène, avec une rythmique qui appuie à merveille la voix de Simone. Rien de compliqué sur cette rythmique, faite de coups de médiators vers le bas pour renforcer la lourdeur de la chanson...

Illusive consensus
Illusive consensus s'ouvre sur un riff de guitare un peu plus compliqué qu'a l'accoutumé. Il est assez rapide et nécessite de bouger les doigts un peu plus vite que d'habitude. La batterie a un tempo rapide, et les choeurs enveloppent le tout avec majesté.
Ensuite, le calme revient, Simone chante sur un riff saccadé très simple, puis sur des accords tendus. Soudain, la guitare disparaît totalement, avant la reprise du riff d'intro, décidément très efficace. La suite est une répétition des parties précédentes, jusqu'a l'arrivé de choeurs et du chant de Simone, très planant. La chanson se termine en une apothéose de la part du choeur.
A ce stade de l'album, on se rend compte qu'Epica, s'ils n'impressionnent pas par leur technique, fournissent quand meme un énorme travail au niveau des arrangements. La qualité de leur travail se mesure dans une osmose très efficace entre les divers instruments, en gardant une simplicité du jeu des guitares, fait assez rare dans le métal.

Façade of reality
Cette chanson démarre au quart de tour, avec Jeroen qui martèle ses fûts avec virulence. Les guitares sont agressives, et l'ensemble à cordes part dans de grandes envolées lyriques. Puis guitares et violons vont coïncider avant l'entrée en scène des choeurs.
C'est alors que le calme semble revenir, avec néanmoins une ambiance lourde, due à la basse notamment, et aux violons et contrebasses. Un parfait prélude à l'arrivée des grunts de Mark. Nouveau couplet sombre, mais calme, nouvelle ligne de grunts... ici Mark alterne chant black et chant death. Nouveau break de violon, violoncelle et contrebasse, qui confère au tout une ambiance très grave.
Tony Blair s'invite ici pour son discours sur le terrorisme de masse, puis Mark le suit en chuchotant, les cordes sont toujours dans les graves. Simone entonne une très belle ligne de chant, très envoûtante, façon "chant des sirènes" pendant la suite du speach de monsieur Blair. Puis le riff d'intro est repris dans toute sa puissance, suivit par un choeur de ténors et barytons. La guitare colle quasiment à leurs lignes de chant. Le final est apocalyptique
On constate une grosse montée en puissance de tous les instruments. Simone reprend le chant de manière très calme, ce qui fait un très beau contraste avec la batterie acharnée de Jeroen. Nouvelle montée en puissance des instruments classiques, suivit d'une très belle conclusion a cette chanson: une avalanche de grunts. Mais les choeurs auront le dernier mot...

Run for a fall
Run for a fall débute par un arpège acoustique du plus bel effet. Ensuite, la construction ressemble à celle de Feint, avec l'arrivée de la batterie et de la basse en plus des violons du début. Puis vient la surprise: après un passage symphonique très calme, surgit un break très agressif à la guitare, suivit par des choeurs faussement calmes, lancinants... Toujours là où l'on ne l'attend pas, Mark nous inonde sous un déluge de grunts, rendant ridicule quiconque voudrait appeler Run for a fall "une ballade". Pendant ce passage, tout est extrême: les guitares toutes en aller-retours, la basse, toujours au médiator, et la batterie...
Et la chanson se termine dan le calme, "comme si de rien n'était"...

Seif al din
Cette chanson n'est pas forcément la meilleure, mais c'est certainement la plus marquante. Elle débute par un riff qui a de faux airs de Master of puppets dans sa construction... le violon colle aux guitares. Ensuite débute une ambiance très orientale, sans lire le texte, on a le décor en tête... Pendant toute la chanson, on ne peut s'empêcher de penser à Follow in the cry, tant au niveau de la construction de la chanson, de l'abondance de grunts, qu'au niveau des paroles...
Les grunts de Mark se posent sur des accords tendus. Simone se fait très peu présente sur toute la première partie, sauf sur quelques variations vocales. Elle se fait remarquer en prononçant son discours sur de très beaux violons, et appuyé par des accords de guitares. Nouveaux mugissements de Mark, pour le plus grand plaisir des amateurs du genre. La guitare est d'une manière générale plus aiguë que dans les autres chansons, sans doute pour rehausser la consonance orientale.
La chanson se termine par un croisé vocal entre Mark et Simone, qui nous fait une très belle envolée lyrique.

The phantom agony
Ambiance symphonique calme mais dense, où Simone nous parle au creux de l'oreille! Puis viennent les choeurs sur un violon entraînant. L’entrée en scène des guitares se fait remarquer. Elles nous donnent une grosse rythmique en allers-retours cassés, sur les violons, toujours aussi entraînants. Les choeurs rentrent sur le terrain pendant ce motif, puis le ton change, le tempo ralenti et accélère à nouveau avec les grunts de Mark. Simone intervient ensuite sur le même tempo. Nouveau passage de choeurs, puis deuxième partie de grunts, suivit par une partie plus atmosphérique, chanté par Simone. La guitare redevient un soutient pour sa voix, sachant se faire oublier. Ce passage est suivit par un break guitare/violon très agressif. Le ton monte, les choeurs reviennent une dernière fois. Et enfin, l'ambiance retombe, nouveaux chuchotements...
La chanson se termine comme une bande originale de film à grand spectacle, majestueuse et grandiose à souhait, concluant à merveille ce premier album du groupe!


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