Chronique de "Consign to Oblivion"
Hunab K'u "A new Age Dawns - prologue"
Consign to Oblivion débute sur la désormais traditionnelle intro symphonique. Celle-ci a été composée par Yves, à qui on doit aussi Palladium. Son talent de compositeur est indéniable sur cette chanson. Elle commence en grandes pompes, fille légitime des BO de Gladiator et de Pirates des Caraïbes. Ce sont les cuivres (qui font leur apparition sur cet album!) qui donnent la rythmique, pendant que violons et violoncelles jouent la mélodie. La tension retombe, les choeurs croisés hommes/femmes font croître l'intensité de la chanson au cours de l'apothéose finale, grande envolé baroque ou les quôtoient à merveille l'orchestre. Une très belle pièce, qui mérite plus que le titre d'"introduction" pour la part sa richesse et l'émotion qui s'en dégage.. Avec elle, nous entrons tout de suite dans le vif du sujet.
Dance of Fate
Dance of fate débute donc sans crier gare. La rythmique allers-retours est tonitruante, tandis que violons et trompettes jouent la mélodie. Ce riff agressif est entrecoupé par des choeurs énergiques, avant de céder la place à une Simone très en voix... La rythmique se fait plus saccadée, plus discrète, en palm mute. Pendant ce temps, les violons suivent un traditionnel, mais plaisant mouvement de va-et-vient, qui donne de la puissance au riff. La rythmique cède la place à des accords plaqués et tendus; on distingue quelques notes de piano, discrète, mais efficaces, qui apportent une touche émotionnelle supplémentaire. Les précédentes parties sont rejouées encore une fois avant de passer à un premier break, où la guitare joue les même notes que les violons. Le rythme s'emballe soudain, la guitare se lance dans une vertigineuse suite d'allers-retours, la batterie s'emballe, le chant est cependant presque lancinant, tout en étant dynamisé par les choeurs. Il y a ensuite un nouveau break, acoustique cette fois, seule ambiance acoustique de l'album, ou presque. Puis, l'arpège est remplacé par de nouveaux accords cinquièmes de guitare électrique, qui donne de la puissance à la chanson. Le piano est là, mais toujours très discret. Les violons, eux, continuent sur leur lancée, les choeurs s'emballent. Fin de la chanson.
The Last Crusade "A new Age Dawns - part I"
Le choeur commence seul, en une mélodie mystérieuse, voir mystique. Nous l'entendons même prendre son souffle. La guitare entre en scène quelques mesures plus loin, tranchante comme une lame de rasoir, très grave (merci la 7 cordes!), appuyé par des choeurs très cassants. Vient ensuite une rythmique basée sur le même schéma ou presque que celle de Sensorium, à savoir, une série d'allers-retours cassés par une croche en aller simple. Simone chante ensuite en solo avec le piano de Coen, avant d'entamer le refrain, implacable, entêtant, dans le bon sens du terme. La rythmique est en deux parties: deux mesures en allers-retours à vitesse moyenne, puis deux mesures plus rapides ou les allers-retours sont saccadé et cassé. Ils sont regroupés en triolet et appuyé par une croche à la fin des triolets, ce qui donne une impression de mouvement "rotatif", comme si on "raclait " la guitare... Le riff d'intro et le refrain sont ensuite repris. C'est la variété et la précision des rythmiques qui donne de la puissance à ce morceau, en plus bien sur des choeurs et des orchestrations.
Solitary Ground
Première ballade de Consign to Oblivion, Solitary ground ne devrait pas poser de problème, même au guitaristes en herbe. Un arpège de guitare accompagne Simone dans le début de la chanson, en plus des orchestrations. Il s'agit d'un son clair de guitare électrique, avec un fort gain, beaucoup de basses ce qui donne un son très chaud, rond, limite "crunch". La distorsion entre en scène sur le refrain, où de lourds accords sont plaqués sur la voix de Simone. Il faut toutefois faire attention à la petite illusion rythmique avant le début de la deuxième partie du refrain. La guitare est très grave, elle aussi, tout comme le chant de Simone qui reste assez grave comparé à ses autres performances vocales. Cela a pour effet de donner de la lourdeur à la chanson. La basse est mixée en avant sur cette chanson, preuve que tout à été fait pour alourdir son atmosphère! Pendant les chuchotements, on entend une guitare électrique torturée, avec un son proche de celui que donnerai une wah dynamique en mode "humaniseur", mais il est produit par les effets digitaux du Line 6 de Mark ou du Mesa Boogie de Ad. Au court du dernier refrain, les orchestrations prennent de la puissance, mais la guitare reste identique.
Il existe une version entièrement symphonique de cette chanson, disponible en single, mais aussi sur The Score, prochain album d'Epica. C'est d'ailleurs cette version qui devait figurer sur Consign to Oblivion, mais Transmission Records privilégia celle-ci.
Blank Infinity
Quelques notes de piano, un violon, une flutte, une contrebasse, pour une ambiance "Sensoriumesque". La guitare débarque quelques mesures plus loin, très agressive, ne jouant que trois accords avec une rythmique typique d'Epica. Ce sont les instruments classiques qui font toute la mélodie de cette partie.
Le couplet est très simple, avec un schéma rythmique particulier: un accord joué pour deux accords étouffés. Ad et Mark effectuent des slides entre chaque accord.
Le riff d'intro est reprit, mais il est cette fois agrémenté de choeurs du plus bel effet. Le refrain arrive à grand pas, en accords tendus, dans un premier temps, sauf pour la première mesure, puis il est joué en allers-retours pour donner du dynamisme à la chanson. Cet aller-retour est à jouer en palm mute! Quand le refrain est repris, les allers-retours cèdent la place aux accords.
Puis la tonalité de la chanson change, la rythmique redevient agressive pour le final. Tout au long de la chanson, la batterie reste en mi-tempo.
Force of the Shore
La chanson débute sur des choeurs, qui cèdent très vite la place à un des riffs les plus agressifs qu'ai composé Epica. Il est très rapide, plus compliqué que d'habitude. Il est impératif de le jouer en allers-retours. Le son est très grave, avec beaucoup de basses. Les grunts de Mark sont enragés, encore plus rauques que d'habitude. Un orgue d'église est présent sur la chanson pendant les grunts, ce qui donne une touche sombre, une ambiance malsaine à cette partie. Cette orgue reviendra pendant les parties chantées par les choeurs, donnant véritablement une ambiance très inhabituelle pour Epica, Force of the shore est une chanson extrême. Le break central est assuré par Simone et Coen, avant de ré-entamer un nouveau couplet. Mark est très présent vocalement parlant, sur cette chanson. Si le couplet est un peu dur à aborder, le refrain est lui très simple, car fait d'accords tendus, plus lents.
Quietus
Quietus commence par une ambiance "troubadours et ménestrels", due aux percussions médiévales de Jeroen. Pendant ce temps, les violons jouent une paisible mélodie, ce qui confère une atmosphère très particulière à cette introduction. Non, quietus n'est pas une ballade! La guitare entre en scène avec quelques accords dynamiques, un peu dans le style de ceux du premier riff de Blank infinity, c'est à dire, très peu de notes. La mélodie est joué par violons et violoncelles. Peu après, les instruments classiques se taisent pour laisser place à une rythmique percutante, en mid-tempo, qui donne un joli contraste avec la ligne de chant de Simone. Dans Quietus, l'ambiance est tantôt médiévale, tantôt celtique, à cause d’un violon inspiré qui livre une envoûtante mélodie. Seules les rythmiques peuvent présenter une difficulté, mais cette chanson est assez simple à jouer pour peu qu'on soit accordé en si (prévoir un fort tirant de corde ou un octaveur) ou que l'on possède une 7 cordes. Sinon, un leger travail de transposition est nécessaire sur certaines parties.
Le slide final ainsi que les slide entre couplet et refrains sont indispensables au rendu de la chanson!
Mother of Light "A new Age Daws - part II"
Une des chansons les plus percutantes de l'album, à mon humble avis. Après une brève intro de violon appuyée par deux accords de guitare, le riff du refrain est directement joué. Ici, guitares et instrument classiques jouent la même rythmique, mais attention, pas les même notes, ce qui pose une légère difficulté au déchiffrage. Le riff de guitare est à jouer en allers-retours. Sur ce riff, la batterie est très rapide, en double pédale. Le couplet est rapide et très rythmé lui aussi.
La première partie est sans temps mort. Puis survient un break ou les choeurs entre en scène, avec une ténue rythmique de guitare. Le piano égraine quelques notes. Puis le couplet reprend, dans toute sa puissance. Cependant, il sera à nouveau cassé par un deuxième break joué par les choeurs, et les guitares, comme précédemment. Comme pour dérouter l'auditeur, la ou l'on s'attend à un nouveau refrain, Simone nous livre un monument de douceur, doucement appuyé par Coen au piano. Une troisième partie apparaît, toujours la où on pensait voir revenir le refrain, les choeurs reprennent, aidés par les guitares, puis le couplet reprend enfin, surgissant de nulle part, suivi par le refrain dans un final très dense. Un monument.
Trois vierges
Ambiance baroque pour débuter cette chanson. La grande difficulté va être de se procurer un clavecin pour jouer cette chanson dans son salon. Il s'agit d'une pièce dépourvue de guitares, de basses et de batterie.
Le motif de clavecin se répète d'un bout à l'autre de la chanson, ou presque. Il est enveloppé par de très belles parties de violons et de fluttes barytones. Il faut aussi noter la présence d'une mandoline qui accompagne les vocalistes en plaçant quelques accords.
Cette chanson fait figure d'alien entre Mother of light et Another me, mais la beauté des orchestrations est indéniable.
Another Me "In Lack'ech"
La chanson commence par des choeurs assez hauts dans les aïgus, soutenus par une rythmique de guitare, très grave, ce qui procure un très savant contraste. Simone pose son chant sur des accords cinquièmes de guitares. Celles-ci vont se taire un peu après, dans le couplet, où seul Yves accompagne Simone, en plus des orchestrations toujours! Cela permet d'entendre la ligne de basse distinction, d'autant que contrairement à d'habitude, elle ne suit pas exactement les guitares.
Le tempo de la chanson reste assez lent tout du long. Les choeurs ont de nombreuses parties à chanter, mais Simone chante souvent en même temps qu'eux, et cela crée une sorte de densité dans cette chanson. Contrairement à d'habitude où les choeurs sont en soutient à la chanteuse, c'est ici l'inverse qui se produit. C'est la chanteuse qui vient appuyer la prestation des choristes. La guitare n'a que peu de choses à faire, à part quelques accords, coups de médiators vers le bas. Le break de fin est original par la présence de quelques notes étouffées de guitare, noyées parmi les orchestrations, qui sont décidément, avec les choeurs, les points d'appuis de cette chanson. La rythmique finale est assez entraînante, en accords. Il faut étouffer comme sur Blank infinity, deux accords sur trois.
Consign to Oblivion "A new Age Dawns - part III"
Le chef d’oeuvre final! Consign to oblivion débute par une introduction sombre, rappelant celle de The phantom agony. Les violoncelles commencent, suivit par les violons dans un leger crescendo. Puis la guitare entre en scène, enragée, tranchante, en allers-retours implacables. Les choeurs arrivent ensuite, sur la rythmique endiablé, avant de laisser place à l'élément central de cette chanson, les grunts. Ils sont placés sur un riff en allers-retours très brutal.
Celui-ci va être remplacé par un riff extrême, à la limite du death metal, notes aïgües, harmoniques sifflées, allers-retours fracassants... Les instruments classiques sont omniprésents, et très nombreux: violon, violoncelles, contrebasses, trompettes, fluttes, et j'en oublie. Le piano joue une partie assez sombre pendant le chant de Simone , mais reste assez difficilement audible, sauf plus tard, pendant l'éruption de grunts death de Mark, où Coen joue un motif directement tiré d'une chanson de Children of Bodom ou de Dimmu Borgir.
Premier break de la chanson, les instruments classiques sont suivis par de lourds accords de guitares qui s'associent à merveille avec le chant on ne peut plus guttural de Mark. Le riff de guitare suivant est lui aussi à la limite du death métal; toujours très aigu, agressif, capable de trancher en deux un tympan non averti! Puis les choeurs s'enchaînent sur une rythmique aller-retour très dense.
Une grosse avalanche de grunts déboule dans nos oreilles avec un riff à jouer en aller simple, médiator vers le bas pour renforcer la lourdeur du riff. Attention toutefois, il faut noter un fugace aller-retour dans ce riff.
Nouvelle pluie de grunts comme précédemment suivit par le chant de Simone qui se fit rare sur cette chanson.
Le final est donné par les choeurs sur une mélodie classique, à l'image de la chanson et de l'album, grandiose...

















