Chronique de "The Score"
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Non contents d'avoir frappé en grand coup en avril avec la sortie de leur album Consign to Oblivion, Epica est dès ce mois-ci de retour, avec un nouvel opus intitulé "The score". Opus d'ailleurs très très différent des autres, puisque quasi entièrement instrumental. Ce qui peut se comprendre puisque les morceaux étaient à la base destinés à faire partie de la BO du film hollandais "Joyride" bien qu'au final, seuls 25% des morceaux aient été retenus. |
Qu'en est-il finalement de cet album si particulier? Est-ce qu'il a quand-même un lien avec le reste de la discographie d'Epica, est-ce que ça vaut quand-même le coup de l'acheter.. on va essayer de voir ça tout au long de cette critique.
Pour ceux qui s'attendaient à découvrir un métal pur et dur, à l'ancienne et j'en passe, je vous préviens tout de suite, vous risquez d'être déçus. Sans pour autant tomber dans la guimauve, cet album ressemble davantage dans l'idée à un morceau tel que "Trois vierges" qu'à un "Sensorium" qui a forgé le style d'Epica. Ce qui ne signifie pas pour autant qu'il soit mauvais, ni qu'Epica se reconvertit dans un néo-métal qui n'aurait rien de.. métal.
L'album commence par la piste "Vengeance is mine", qui, sans être exceptionnelle, nous livre d'entrée de jeu le ton de l'album. Il sera calme et triste, ou ne sera pas.
La seconde, "Unholy Trinity", est quant à elle plus "rythmée". Elle fait penser à une séquence de combat, dans un style "dernier assaut sinon la mort" qui lui sied bien. La musique monte progressivement en intensité au fur et à mesure de la chanson, ce qui renforce encore plus cet effet.
Passons maintenant à la troisième piste, "The valley", qui est quant à elle dans un style très proche de John Williams (compositeur entre autre de la BO des star wars, dois-je vraiment vous le rappeler?) Elle est aussi relativement rythmée, avec un mélodie un peu triste malgré l'impression d'action qui s'en dégage.
Avec "Caught in a web", nous revenons à un morceau relativement plus calme, bien que certains passages "haussent le ton". Certains de passages rappellent l'intro de "Consign to oblivion", j'ai nommé "Hunab K'u". Ce qui en soi n'est pas un défaut. Je reprocherai par contre son rythme un peu défaillant, qui ne permet pas de bien se situer, ni d'imaginer une situation qui collerait à la musique.
"Insomnia", quant à elle revient sur un style plus Williamsien. Ses airs de marche impériale par instants n'étant pas pour déplaire. On peut sans aucun problème imaginer une situation oppressante qui accompagne cette musique. Ce qui prouve que l'objectif de ce morceau a été atteint.
Nous en arrivons maintenant à "Under the aegis", la sixième piste. Ce morceau exprime selon moi une certaine "angoisse" dirons nous. Il le fait en alternant des passages lents et des passages rapides, de manière plutôt réussie.
La chanson suivante (puisqu'il s'agit d'une chanson, eh oui!) nous rappelle dès les premières notes très fortement "Consign to Oblivion" puisqu'elle n'est autre qu'une version solo de "Trois vierges". Simone en "impose" d'ailleurs sur cette chanson, il n'y a pas d'autres mots. Les volutes de sa voix montent plus haut que jamais, me laissant littéralement "sans voix" tant la sienne ne semble pas vouloir s'arrêter de monter sur la fin. Cette chanson réussit l'exploit assez surprenant d'être ma préférée de l'album, là où sur CtO, je la trouvais inadéquate, et mal "répartie" entre le chanteur de Kamelot et notre rousse flamboyante.
Les références changent pour "Mystica", huitième morceau de l'album. Enfin pas pour longtemps. Si la chanson s'ouvre sur un intro dans le plus pur style de Danny Elfman, elle poursuit ensuite vers du "John Williams" pour s'achever sur un mélange des deux, du plus bel effet. C'est selon moi, le meilleur morceau instrumental de l'album et de loin.
Et voilà qu'arrive "The valley of sins", morceau calme, très calme..(trop calme?). S'il n'est pas intrinsèquement mauvais, ce morceau n'arrive pas suffisament à créer une sensation de "peur" comme il était pourtant sensé le faire. Dommage.
"Empty Gaze" souffre lui aussi du même problème. Il n'est ni bon, ni mauvais. Mais malheureusement, il n'arrive pas à transporter les émotions que l'on attend de lui.
"The alleged paradigm" s'ouvre lui, sur un passage de "Hunab K'u" réorchestré pour l'occasion (et pour la deuxième fois). Le passage en question sert d'ailleurs de support pour la mélodie dans ce morceau, qui sans être exceptionnel, laisse passer une impression de "fierté" mêlée à de la tristesse (Un peu comme la fierté du guerrier après un combat sanglant où ses amis seraient morts)
La piste 12, "Supremacy" est quant à elle un mélange des genres. Elle alterne une première partie triste, avec un milieu plus angoissant, et une fin rassemblant là-aussi un peu des deux. De ce morceau émerge quand même un très bon niveau qualitatif, qui vous la refera écouter encore et encore, si bien-sûr vous n'êtes pas réfractaires aux morceaux lents.
Autre morceau lent, mais magnifique lui aussi : "Beyond The Depth". Très très triste, il vous fera avoir la larme à l'oeil si vous l'écoutez en boucle.. et peut-être même sans ça. Il me semble ça veut tout dire.
Arrive la piste "Epitome", très très courte, pas mauvaise en soit, mais dont je n'ai toujours pas trouvé l'utilité réelle. On dirait qu'elle est faite pour s'enchainer avec un morceau suivant, alors que ce n'est absolument pas le cas.
Nous voilà aux deux tiers de l'album pour la piste "Inevitable Embrace". Une chanson au titre évocateur, quand on connait l'utilisation du mot "Embrace" par Mark Jansen lors de la première trilogie the "The Embrace that Smothers" amorcée sur Prison of Desire (premier opus d'After Forever) et conclue par une nouvelle trilogie sur The Phantom Agony (premier opus d'Epica). Si le morceau commence de façon rythmée, il se calme assez à mi-parcours.. pour revenir à nouveau vers un rythme plus rapide à la fin. Une fois de plus "Hunab K'u" fait sentir son influence ici, et l'on commence à percevoir un fil conducteur qui relierait musicalement "Consign to Oblivion" et "The score".
Non, il ne tombe pas du ciel, et pourtant nous arrive en piste 16 un "Angel of death" du plus bel effet. Une alternance savante de passages lents et rapides, se permettant même la présence légère de choeurs. Ce morceau fait penser à une sorte d'hymne pour un personnage en train de mourir, ou quelque chose de proche.
Bien amené par la piste précédente, suit "The ultimate return". Qui alterne passages tristes (voire même très tristes) et passage plus "volontaires", plus "fiers", et donc plus rythmés. Seul problème selon moi, l'absence d'une vraie mélodie qui se fait sentir sur la longueur, même si cela n'en fait pas un mauvais morceau.
Trois Vierges, le retour, dans une reprise instrumentale. Celle ci se laisse écouter sans problème, même si on ne peut nier que cette mélodie pâtit, peut-être du fait de l'habitude, de l'absence des paroles. Ce qui ne l'empêche pas d'être très écoutable.
La version de Solitary Ground présente ici est celle du single sorti récemment. Le piano s'accorde parfaitement avec la voix de la jeune miss Simons, et ensemble ils nous livrent une interprétation du plus bel effet de cette chanson, beaucoup plus prenante que la version de l'album.
Ce CD s'achève sur une nouvelle version de Quietus (sans grunts). Bien qu'elle garde exactement les mêmes mélodies et paroles, elle est ici accompagnée d'une instrumentation moins médiévale, ce qui ne retire pourtant rien des qualités de cette chanson. L'intro à la guitare électrique est très surprenante vis-à-vis de la tonalité générale de l'album, alors que le "corps" du morceau est plus dans l'esprit "The Score", la guitare s'effaçant légéremment pour laisser place à une nouvelle orchestration au synthé. A noter également la batterie de Jeroen Simons, qui fait son retour un peu après le début du morceau. On peut considérer ce morceau final comme la synthèse de l'esprit "The Score" et de l'aspect "mainstream" d'Epica découvert sur l'album Consign to Oblivion.
Finalement, que retenir de cet album? Tout d'abord, et contrairement à ce que l'on pouvait en penser, il reste assez lié à "Consign to Oblivion". La mélodie d' "Hunab K'u" revient très souvent, et sert de support à de nouveaux morceaux crées dans la même perspectiva musicale. The Score contient également des thèmes chantés qui sont également extraits de ce deuxième album d'Epica, ce qui ma foi, n'est pas la plus mauvaise des paternités.
Au rayon "paternité" d'ailleurs, les plus ecclectiques d'entre vous auront certainement trouvé familiers trois titres de chansons de cet album ("Angel of Death - Slayer","Caught in a web - Dream Theater","Vengeance is mine - Iced Earth"). Pour l'anecdote, Mark nous a raconté que l'absence de paroles dans cet album lui avait manqué pour trouver l'inspiration des titres de certains morceaux. Il a donc choisi de faire une sorte de clin d'oeil à des chansons qu'il apprécie tout particulièrement.
Pour conclure, et malgré ce certain lien qui rattache quand-même cet album à Consign to Oblivion, The Score n'en conserve pas moins son propre style, son propre ton, et nul doute qu'il occupe et occupera une place particulière dans la discographie d'Epica. Si ce n'est pas la meilleure BO de tout les temps (ce n'est pas la spécialité d'Epica de toute manière), cela reste tout-de-même un coup d'essai d'excellente facture, et qui devrait plaire à grand nombre de fans par l'atmosphère qu'il crée et les univers qu'il rappelle. J'ai été en tout cas personnellement conquis.
Interview d'Edwin Rhemrev >>


















